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Hier,
jeudi 7 décembre, un communiqué de Miquel Bassols, président
de l’Association Mondiale de Psychanalyse, nous apprenait la
disparition de Judith Miller par ces mots, que nous faisons
nôtres : "C’est avec une profonde douleur que nous
apprenons le décès survenu la nuit dernière, le 6 décembre 2017,
de Madame Judith Miller, Présidente de la Fondation du
Champ freudien. Judith, notre chère Judith à qui nous devons
tant, par son travail décidé, par sa force et son enthousiasme,
par son dévouement absolu à la cause analytique et à
l’orientation lacanienne étendue à tous, par son sourire joyeux,
par l’extrême soin porté à la singularité de chacun et pour tout
ce que nous ne pouvons dire, au-delà des mots."
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Communiqué
de l’Institut psychanalytique de l'Enfant
Judith
Miller n’est plus et quelque chose de très précieux qui, dans le
Champ freudien et pour le Champ freudien, nous était essentiel
s’est comme envolé, avec un léger bruissement d'aile. Cela n’a pas
disparu, non, mais cela a pris place ailleurs, en chacun de nous,
dans un lieu où se recueillent les marques des rencontres qui
comptent.
Y
demeure toujours ce vecteur d’un désir qui s’affirmait, envers et
contre tout, pour faire valoir la vie qui vaut la peine pour tous
ceux, prisonniers, enfants et adolescents en souffrance, tous les
cabossés de la norme sociale, qui étaient en mal d’issue. Pour
ceux-là, inlassablement, elle se faisait le héraut du discours
analytique, de ses surprises et de son pouvoir d’insurrection, et
elle n’hésitait pas à tarabuster les psychanalystes pour qu’ils
donnent leur meilleure part et qu’ils inventent du nouveau pour
ceux-là.
Et cela fut fait. Tous les groupes du Champ freudien, dont elle
était l’interlocutrice attentive et attentionnée, en témoigneront
dans les jours qui viennent. Nombreux seront les textes,
interventions, entretiens, qui seront publiés. Nous y découvrirons
ce qui nous avait peut-être échappé dans la tâche commune, tant sa
présence était faite d’intensité et de simplicité : les portants
rigoureux de la logique d’une vie qui s’affronte à un destin hors
du commun.
Nous
ne l’oublierons pas.
Au
nom des si nombreux collègues qui ont travaillé et se sont formés
avec elle dans le Champ freudien - dans les groupes du CEREDA, les
laboratoires du CIEN, les institutions du RI3, et bien d’autres
lieux – le Comité d’initiative de l’Institut de l’Enfant, dont
elle était partie prenante depuis sa création, adresse ses
condoléances et ses amicales pensées à Jacques-Alain Miller, à Ève
Miller-Rose et Luc Miller, ses enfants, et à ses petits-enfants.
Jean-Robert
Rabanel, Daniel Roy, Alexandre Stevens
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