Le Groupe Emma – Laval du CEREDA invite
Omaïra Meseguer, psychanalyste, membre de l’ECF
pour une soirée clinique
Mercredi 20 mai 2026 à 20h30
L’enfant manifeste très tôt le plaisir qu’il éprouve à utiliser sa bouche. Si le nourrissage apaise la faim, la zone orale devient également une source d’excitation et de satisfaction qui s’émancipe du besoin vital et procure en elle-même un plaisir, détaché de l’absorption de nourriture, par le suçotement. La pulsion orale s’articule donc non seulement à l’Autre, dont l’enfant dépend et auquel il adresse sa demande, ainsi qu’à l’objet que cet Autre lui offre en le nourrissant, mais aussi au corps propre du sujet.
En tant que lieu de vocalisation, la bouche est aussi le siège d’un investissement jubilatoire dans l’exercice de la langue. L’usage de la parole et le jeu avec les mots véhiculent une jouissance vocale qui s’enracine dans des expériences précoces : cris, gazouillis, babillage et lalation témoignent déjà du plaisir lié à la production de sons, avant même qu’ils ne prennent sens et s’organisent en un langage articulé, régis selon les règles de la langue maternelle.
La bouche est également un moyen d’exploration : il est bien connu que les jeunes enfants portent à la bouche tous les objets qu’ils attrapent. Ainsi, la bouche devient un instrument de découverte du monde, et partant de l’acquisition d’un savoir sur celui-ci.
« Plaisir de la bouche » se conjugue par conséquent au pluriel : la bouche apparaît comme l’orifice corporel d’où émane un appétit double : celui qu’apporte la nourriture et celui que procure la langue.
Mais il arrive que la pulsion se mette à fonctionner de manière incontrôlable, en s’affranchissant des interdits imposés par l’éducation, au-delà de la barrière du plaisir. Certains enfants dévorent ce qui n’est pas comestible, aspirent sans distinction tous les objets, mangent en excès et sans que la satiété ne fasse limite. Pour d’autres, c’est la parole qui se désarticule ou se déverse sans point d’arrêt.
À l’inverse, l’enfant peut devenir « difficile », comme on l’entend parfois, c’est-à-dire qu’il trie la nourriture. Dans certains cas, il refuse de s’alimenter. Dégoût, colère et angoisse font partie des affects qui s’invitent alors à table. Qu’est-ce que cette opposition nous apprend du lien à l’Autre qui nourrit et du rapport à la demande ? Quand le refus concerne la langue, l’enfant se montre rétif à parler, à s’adresser à l’Autre, parfois jusqu’à se murer dans le silence : motus et bouche cousue ! Qu’est-ce qui interfère avec le plaisir de parler et empêche la satisfaction ?
Quelles interventions s’ouvrent au praticien qui rencontre l’enfant à l’oralité troublée ? À partir de quels repères, issus de la logique singulière du sujet, peut-il manœuvrer face à la jouissance de la parole débridée ou celle de la dévoration illimitée ? Et comment (re)donner goût à la parole et la nourriture lorsque tout plaisir de la bouche semble avoir déserté ?
Voici quelques questions que nous proposons de mettre à l’étude lors d’une soirée, le mercredi 20 mai, avec notre invitée, Omaïra Meseguer, psychanalyste à Paris et membre de l’École de la Cause freudienne.
Emmanuelle Mouraud, enseignante spécialisée, et Delphine Provost, psychomotricienne, témoigneront de leur pratique auprès d’enfants et de ce que la clinique enseigne.
Argument rédigé par Guillaume Miant
Lieu :
Centre Hospitalier de Laval,
33 Rue du haut Rocher
53 000 Laval
Salle de réunion n° 2, 12ème étage
Renseignements et inscriptions :
emmacereda53laval@gmail.com
PAF :
6 euros
3 euros étudiants et demandeurs d’emploi
Nombre de places limitées – réservation obligatoire

