This is the last one !

This is the last one !

Par |2019-03-15T07:21:33+00:0015 mars 2019|
image_pdfPDFimage_printImprimer

Nous voici donc au dernier Zappeur avant la Journée qui se déroulera demain au Palais des congrès d’Issy-les-Moulineaux. Nous avons travaillé avec beaucoup de gaité depuis de nombreux mois et nous allons maintenant pouvoir vous retrouver. Le point de capiton de la Journée viendra boucler deux années intenses de travail dans les réseaux du Champ freudien et les institutions qui s’en orientent, sur cette thématique des enfants violents qui a rencontré beaucoup d’échos.

Ce numéro s’ouvre avec une pépite proposée par Luc Garcia. Il y lit un certain type de dégueulasserie humaine qui trouve à s’inscrire dans la chaîne d’un discours, au travers d’un fait divers qui a marqué les esprits, il y a quelques années : l’affaire Grégory. Comment dire la sauvagerie qui s’ébat dans le langage même ? La photo de ce jeune enfant souriant en une, figeant son souvenir dans ce sourire permanent, vient en contrepoint des corbeaux qui s’agitent dans ce village. Le contraste règne entre la pluralisation des corbeaux et cet enfant, souriant – devenu, après-coup de sa disparition, l’opérateur logique de toute cette canaillerie, piégé par elle.

Vous trouverez ensuite dans ce dernier Zappeur de belles surprises cliniques, qui donnent un avant-goût de ce qui vous attend demain. Les vignettes que nous présentons font scintiller quelques facettes de ce que peut être la pragmatique de l’abord de l’enfant violent que Jacques-Alain Miller appelle de ses vœux dans son texte d’orientation[1] dans la pratique de ceux qui s’orientent de l’enseignement de Jacques Lacan. L’abord de l’enfant violent, comme Jacques-Alain Miller l’indique, consiste non pas à traiter frontalement la violence de l’enfant, mais plutôt, après avoir desserré l’étau de cette assignation signifiante, à tenter d’extraire la jouissance que la violence cherche à résoudre en la manifestant ; se faire partenaire, extraire l’objet violent intime, procéder avec douceur – à chaque fois selon son style et en se risquant dans la rencontre, souvent difficile, avec ces enfants qui mettent à mal les codes communs.

Plusieurs praticiens font part de leurs trouvailles en particulier autour du traitement d’un regard, visant son extraction sous différentes modalités : Virginie Viersac décide de faire sortir les autres élèves de la classe plutôt que le jeune Bastien. Karine Desjours donne de la voix et s’efface du regard de Charlotte qui peut alors s’accrocher à la tétine. Alexis Gaultier escamote son regard et jusqu’à sa présence pour se faire partenaire d’Hélène en renonçant à la consistance de l’identification à celui qui fait respecter les règles.

Rencontrer ces enfants violents pour le praticien, c’est en effet inventer une position et une réponse qui a à se construire après avoir supporté d’accueillir cette chose violente qui le tourmente. Pour s’inventer partenaire, Michel Héraud devra accuser réception du message d’un fils aux prises avec la filouterie – celle du père ou la sienne ? Hélène Deltombe ne recule pas devant les hallucinations du jeune Cédric qui ne peut se défaire seul des effets violents des voix qui le harcèlent sans négociation possible. Catherine Soares tente de rencontrer Hulk, et permet alors à Nathan que s’ouvre un nouveau monde où une rencontre est possible. Enfin, Luciana Zafimaharo se confronte au corps détruit de Willy et l’accompagne dans ses tentatives de le cerner par le langage.

Au plaisir de vous retrouver demain !

[1] Miller J.-A., « Enfants violents », Après l’enfance, Paris, Navarin, coll. La petite Girafe, 2017, p. 203.

image_pdfPDFimage_printImprimer