L’Institut psychanalytique de l’Enfant (IpE), mobilisé dans le fil de l’Action lacanienne promue par l’École de la Cause freudienne (https://lacanquotidien.org), a sollicité les participantes et participants aux groupes et laboratoires des Réseaux Enfance du Champ freudien. Il s’agit de faire connaître et tirer enseignement des situations et des difficultés rencontrées dans leur action auprès des enfants en souffrance et de leurs parents.
Le discours actuel affirme que la souffrance psychique et ses expressions symptomatiques sont réduites à un dysfonctionnent cérébral ou neuronal, générateurs de « troubles du neurodéveloppement » (TND). C’est l’appellation donnée à tout écart de comportement d’un enfant par rapport à une moyenne statistique, immédiatement considéré comme déficient et à rééduquer. Voilà tout le champ de l’enfance troublé ! Et voilà tous les professionnels, intervenant auprès d’enfants, réduits à appliquer les protocoles standardisés préconisés par de nouveaux « experts ». Et cela, sans mot dire ?
Sous couvert de la science, pour ce mouvement scientiste et ses promoteurs, il n’y a plus d’enfant singulièrement marqué par son histoire. Il n’y a plus d’histoire de la folie. Dès lors, ce double rejet profondément déshumanisant rencontre sur son chemin la psychanalyse et les psychanalystes, et aussi tous ceux qui prennent appui sur la psychanalyse pour s’orienter dans leur pratique : psychiatres, psychologues, infirmiers, éducateurs, orthophonistes, psychomotriciens, enseignants. Une pratique sérieusement informée, où leur liberté comme leur responsabilité sont engagées, pour être à la hauteur des inhibitions, des symptômes et des angoisses dont un enfant peut être la proie.
Certains veulent substituer à nos pratiques le recueil de données personnelles pour faire tourner les machines à développer une nouvelle « psychiatrie de précision », qui fait promesse de ségrégations jusqu’alors inconnues.
Une nouvelle « histoire de la folie » est en train de s’écrire, folie non pas des corps parlants et souffrants, mais folie des computers et de leurs servants.
Les contributions de nos collègues sont regroupées selon quatre axes, que vous retrouverez au fil de la publication des prochains numéros Zapresse et sur le site de l’IpE :
- Les promesses des Plateformes de coordination et d’orientation (PCO)
- Les destins contrariés des diagnostics et prises en charge précoces
- Coordination ou rupture ? Impasses et trouvailles pour une continuité des soins
- L’imposition d’une novlangue.

