Entrons dans la danse

Texte publié le 24 juin 2020

Entrons dans la danse

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Entrons dans la danse

Par Hervé Damase

La mise en place de l’Atelier de l’Institut de l’Enfant sur le thème de la sexua­tion à par­tir de la com­mis­sion d’organisation de la JIE6 est effec­tive. Alors que le pre­mier numéro du Zappeur pro­po­sait trois textes d’orientation théo­rique, cette deuxième livrai­son vise à décli­ner com­ment cha­cune des ins­tances qui com­posent l’IE peuvent s’approprier le thème pour un usage cli­nique. Parions qu’un nouage s’opère à cet endroit-là. Notre vœu est que le désir vers l’Atelier dif­fuse par­tout où sont implan­tées cette myriade d’instances de tra­vail consti­tuées d’analysants civi­li­sés, tels que qua­li­fiait naguère Éric Laurent ces agents de la cause ana­ly­tique[1].

La ques­tion de l’enfant est intrin­sè­que­ment liée à celle du dis­cours. Si la sexua­tion est un terme pro­pre­ment psy­cha­na­ly­tique, et qui en cela touche à l’éthique – elle est liée à l’expérience elle-même –, pour autant il ne s’agit pas de limi­ter notre abord du thème à la seule pra­tique ana­ly­tique, laquelle n’en demeure pas moins le point de réfé­rence pour envi­sa­ger la prise par les autres dis­cours : le dis­cours ana­ly­tique est l’au moins-un qui fait obs­tacle à ce que les autres tournent en rond. Que ce soit dans le champ de l’éducation, voire de l’éducation spé­cia­li­sée, dans le champ des pra­tiques sociales, de la méde­cine, à l’université, dans le juri­dique, etc., nombre de pra­ti­ciens trouvent appui et orien­ta­tion dans ce que l’invention de Freud et l’enseignement de Lacan ont pro­duit comme savoir nou­veau sur l’enfant. Un savoir qui ne vise pas à assu­jet­tir davan­tage l’enfant mais bien plu­tôt à le libé­rer de la déter­mi­na­tion par l’Autre. Considérer que l’enfant est concerné par la sexua­tion, c’est jus­te­ment lui res­ti­tuer une res­pon­sa­bi­lité quant à son rap­port à la jouis­sance, fût-elle à lui-même obs­cure. C’est par la pra­tique de la parole, dans le trans­fert, que ce lien trouve à s’élucider.

Concilier aujourd’hui la décou­verte freu­dienne en matière de sexua­lité infan­tile et l’invention laca­nienne du concept de sexua­tion, c’est œuvrer pour les faire l’un et l’autre conver­ger vers une pra­tique qui se met à l’écoute du par­lêtre, lequel se défi­nit comme celui qui se réduit à n’avoir qu’un corps pour par­ler. Cette pra­tique parie sur l’invention néces­si­tée par l’absence du rap­port entre les sexes et vise un savoir nou­veau. C’est là un réel qui fait la condi­tion de tout un cha­cun, enfant ou pas.

À l’envers de l’injonction à l’uniformité, l’orientation ana­ly­tique, dont le savoir s’extrait de la pra­tique, creuse son sillon tou­jours plus pro­fond pour atteindre le plus par­ti­cu­lier de chaque être par­lant. Lacan nomme cela le sin­thome. Vous l’aurez com­pris, notre adresse vise en retour un recueil des petites inven­tions mises en forme, une col­lec­tion de sin­thomessans pareils.

[1]. Laurent É., « Institution du fan­tasme, fan­tasmes de l’institution », Les feuillets du Courtil, n° 4, avril 1992.

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