L’homme aux loups et les pro­blèmes de sexuation

Texte publié le 23 février 2021

L’homme aux loups et les pro­blèmes de sexuation

Texte publié le 23 février 2021

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L’homme aux loups et les pro­blèmes de sexuation

par Agnès Aflalo

 

Serguei Pankejeff, dit l’Homme aux loups, com­mence son ana­lyse alors qu’il est déjà adulte. Pourtant Freud limite sa publi­ca­tion du cas aux années d’enfance de Serguei[1]. Le rôle de la sexua­lité dans la for­ma­tion des symp­tômes y est patente et elle confirme le rôle struc­tu­ral de la cas­tra­tion entrevu plus tôt avec le petit Hans. Intéressons-nous donc à ces symp­tômes infan­tiles pour voir com­ment la sexua­tion vient à cet enfant-là[2].

 

Les symp­tômes de l’enfance

Les symp­tômes de l’enfance com­mencent vers les deux ans du jeune Serguei et prennent fin autour de ses dix ou onze ans. Il s’agit d’abord d’une ano­rexie intense[3], puis d’un chan­ge­ment de carac­tère ainsi que de la fameuse pho­bie du loup, et enfin des symp­tômes obses­sion­nels sont asso­ciés à des symp­tômes intestinaux.

Lorsqu’il a envi­ron deux ans, Serguei refuse de se nour­rir au point que son entou­rage craint pour sa vie. Il ne vou­lait man­ger que des choses douces, sucrées et sa mort pos­sible l’angoissait. Il était pour­tant un enfant doux et docile. C’est pour­quoi, ses parents disaient que c’est lui qui aurait dû être la fille et que sa sœur aînée aurait dû être le gar­çon. Mais, à l’été de ses trois ans et demi, brus­que­ment, il change de carac­tère pour deve­nir mécon­tent, irri­table et violent. Il se juge tou­jours offensé, se déchaîne et crie comme un sau­vage[4].

Six mois plus tard, à la veille de son qua­trième anni­ver­saire qui a lieu le vingt-cinq décembre, il fait le cau­che­mar des loups dont il se réveille très angoissé. Il y voit six ou sept loups blancs por­tant des belles queues de renard, immo­biles et assis sur les branches d’un noyer. Ils le regardent fixe­ment. C’est ce regard fixe qui réveille l’enfant en proie à l’angoisse de se faire dévo­rer par le loup. Sa sœur, qui s’entendait à le tour­men­ter, s’arrangeait tou­jours pour lui faire voir l’image du loup qui l’angoissait dans un de leurs livres de contes. Sur cette image, le loup debout avance une patte dont les griffes sont déployées, et ses oreilles sont dres­sées[5]. Chaque fois que Serguei le voyait, il par­tait en hur­lant, angoissé à l’idée de se faire dévo­rer par le loup.

Lorsqu’il a quatre ans et demi, sa mère lui raconte l’histoire sainte dans l’espoir d’apaiser ses angoisses. L’entreprise réus­sit en par­tie : les angoisses ont en effet dis­paru, mais elles ont été rem­pla­cées par des symp­tômes obses­sion­nels. Serguei souffre en effet de rumi­na­tions et de doutes sur la per­sonne du Christ. Il ne peut s’empêcher de blas­phé­mer en pen­sant Dieu-crotte, dieu cochon. Il tente ensuite d’expier les blas­phèmes avec un rituel du cou­cher consis­tant à embras­ser les icones de sa chambre et à faire des signes de croix lui-même et sur son lit afin de ne pas refaire le rêve des loups. Chaque nou­veau blas­phème, invo­lon­taire, le contraint à recom­men­cer le rituel. Il est aussi contraint à un céré­mo­nial de res­pi­ra­tion. À chaque fois qu’il croise un men­diant ou un estro­pié dans la rue, il doit faire un signe de croix et ins­pi­rer ou expi­rer for­te­ment. Précisons que dans sa langue, les mots « souffle » et « esprit » se disent du même signi­fiant[6]. Vers sa onzième année, l’arrivée d’un pré­cep­teur alle­mand, qui ne croit pas à la vérité de la reli­gion, aura une grande influence sur lui et met ainsi fin à sa piété. Notons que cette nou­velle figure pater­nelle est bien plus acces­sible que Dieu.[7]

Les symp­tômes intes­ti­naux sont contem­po­rains des symp­tômes obses­sion­nels et appa­raissent à l’âge de quatre ans et demi, soit après le rêve des loups. Il s’agit de diar­rhées, de consti­pa­tions et de dou­leurs intes­ti­nales. Avant le rêve des loups, lorsqu’il arrive à Serguei de souiller son pan­ta­lon, il en est plu­tôt fier, mais après ce rêve, la même incon­ti­nence anale engendre une honte intense et un grand effroi[8]. L’angoisse de mort[9] éprou­vée est alors si intense qu’il peut for­mu­ler : « je ne peux plus vivre ainsi ». Ces mots-là, il les a entendu dire par sa mère alors qu’il avait trois ans et trois mois et qu’elle se plai­gnait à un méde­cin de dou­leurs du bas-ventre et de pertes de sang. Cette plainte culmine dans le phé­no­mène du voile, sen­sa­tion désa­gréable d’être séparé du monde par un voile qui ne se lève qu’au moment de la défé­ca­tion. Alors et pour ce court ins­tant, il se sent de nou­veau habité par un sen­ti­ment de réa­lité. Cette série anale des symp­tômes per­siste inchan­gée toute sa vie et le contrain­dra à se faire admi­nis­trer des lave­ments pour vaincre sa constipation.

Notons que chaque symp­tôme répond à des ques­tions que l’enfant se pose sur sa sexua­tion. En effet, la sexua­tion excède alors la rela­tion sexuelle avec le par­te­naire de l’âge adulte. Elle com­porte dès l’enfance, le choix d’une posi­tion sexuée mais aussi un choix d’objet d’amour et un choix de jouis­sance, ainsi que des inden­ti­fi­ca­tions et des fan­tasmes. Pour en rendre compte, Freud arti­cule le com­plexe de cas­tra­tion au mythe d’Œdipe. Pour Lacan, ce mythe est celui d’une perte de jouis­sance (cas­tra­tion) qu’il for­ma­lise avec la méta­phore du Nom-du-Père puis avec les quan­teurs de la sexuation.

 

La sexua­tion et rap­port sexuel

L’anorexie de Serguei doit être enten­due comme celle des jeunes filles, c’est-à-dire comme l’indice d’un refus sexuel. Pour cet enfant de deux ans, le refus de se lais­ser nour­rir se rap­porte selon Freud au désir de rap­port sexuel avec le père. Car les bon­bons et les dou­ceurs récla­mées par l’enfant doivent être enten­dues comme les caresses et les satis­fac­tions sexuelles qu’il attend de lui[10]. Le désir s’exprime avec la gram­maire de la pul­sion orale où Freud situe le pre­mier temps de l’organisation géni­tale infan­tile. Mais le rap­port du sujet à l’objet a, dérivé de la pul­sion, trouve aussi sa place dans le tableau de la sexua­tion de Lacan. Dès ce pre­mier symp­tôme, la posi­tion sexuée du sujet est fémi­nine et l’angoisse de mort marque un refus de ces­sion de jouissance.

Le second symp­tôme est la « méchan­ceté » de l’enfant. La sur­ve­nue du chan­ge­ment de carac­tère est pro­vo­quée par une ten­ta­tive de séduc­tion de la sœur. Un jour, alors qu’ils vont ensemble aux toi­lettes, elle lui pro­pose : « montrons-nous nos popos » et elle joint le geste à la parole. Puis, elle sai­sit son membre et joue avec en lui disant que sa nurse Nania fait la même chose avec le jar­di­nier, qu’elle le met à quatre pattes sur la tête et sai­sit ses organes géni­taux[11]. L’enfant de trois ans et trois mois éprouve alors ses pre­mières exci­ta­tions sexuelles. Cette intru­sion de jouis­sance s’articule immé­dia­te­ment au désir de l’Autre. Le sujet désire se faire tou­cher aux organes géni­taux. Il tente alors d’abord de séduire Nania en se mas­tur­bant devant elle, mais, lorsqu’elle le menace d’une bles­sure de l’organe s’il per­siste dans ses pra­tiques, il se détourne d’elle. Il se fixe alors sur le père. C’est de lui qu’il attend désor­mais la satis­fac­tion sexuelle. La posi­tion fémi­nine du sujet se com­plète main­te­nant du choix incons­cient du père comme objet sexuel. Cette impli­ca­tion du sujet dans la sexua­tion est définitive.

Les crises de colère de l’enfant doivent en effet être sai­sies comme une ten­ta­tive de séduc­tion à l’égard du père pour obte­nir de lui la satis­fac­tion sexuelle recher­chée. L’enfant redou­tait en effet de se faire battre par le père pour cette méchan­ceté. L’éprouvé d’une jouis­sance maso­chiste[12] sou­te­nue par le fan­tasme de « se faire battre par le père » répond au désir de « se faire coï­ter » par le père. La séduc­tion par la sœur a ainsi pro­vo­qué une intru­sion de jouis­sance qui fait énigme pour l’enfant. Elle consti­tue la cir­cons­tance d’une ques­tion sur le pro­blème de la sexua­tion. Serguei se demande alors si la perte des organes géni­taux est pos­sible. La pen­sée de la cas­tra­tion l’occupe, mais il n’est pas encore contraint d’y croire (Glauben) ni d’en tirer les consé­quences. Il pré­fère plu­tôt croire que la vision du sexe fémi­nin de la sœur n’est que le « popo de devant » des filles, c’est-à-dire un der­rière[13].

Le troi­sième symp­tôme est la pho­bie du loup. Il répond à la croyance à la cas­tra­tion sur­ve­nue pen­dant le rêve. La veille de son qua­trième anni­ver­saire, qui était aussi le jour de Noël, Serguei atten­dait le double de cadeaux. Mais le cadeau qu’il dési­rait le plus était la jouis­sance sexuelle atten­due du père. Le symp­tôme, qui est une réponse à la ques­tion du sujet sur son être sexué, prend main­te­nant la forme d’une pho­bie du loup qui répond en ces termes à la ques­tion posée par l’enfant avant le rêve : la perte réelle du pénis est pos­sible et elle est la condi­tion du rap­port sexuel avec le père. L’angoisse du loup recouvre désor­mais l’angoisse de se faire uti­li­ser par le père comme une femme. « Se faire dévo­rer » par le loup vient à la place de « se faire coï­ter » par le père comme une femme. Mais le rêve des loups agit aussi après coup comme une nou­velle scène de séduc­tion[14]. Car c’est seule­ment lors du rêve des loups que la jouis­sance du regard fait trauma et énigme pour le sujet. C’est là l’occasion d’une nou­velle ques­tion quant au pro­blème de sexua­tion. L’enfant se demande d’où viennent les enfants et si le loup est un être fémi­nin, c’est-à-dire si l’homme peut por­ter et mettre au monde des enfants.[15]

Les asso­cia­tions du rêve per­mettent alors de construire le fan­tasme trau­ma­tique qui condi­tionne la posi­tion sexuée du sujet et son choix de jouis­sance symp­to­ma­tique. Il s’agit du fan­tasme de la scène pri­mi­tive, c’est-à-dire un rap­port sexuel des parents dans un coït a tergo à la manière des ani­maux : la femme à quatre pattes et l’homme débout der­rière elle. Freud croit d’abord que l’enfant a réel­le­ment vu cette scène de rela­tion sexuelle entre les parents, mais l’incapacité de Serguei à retrou­ver ce sou­ve­nir, alors même qu’il a des consé­quences symp­to­ma­tiques, l’amène à conclure qu’il s’agit d’un fantasme.

Le rêve réa­lise le désir du rêveur d’être la femme du père et d’obtenir de lui la satis­fac­tion sexuelle. En effet, lors du rêve, le sujet s’est iden­ti­fié à la mère du fan­tasme à qui il envie le rap­port sexuel avec le père. Il construit alors un savoir-faire la femme avec l’homme. Comme dans ce fan­tasme, le sujet occupe la posi­tion de la femme assise à quatre pattes et le père debout der­rière lui donne satis­fac­tion[16]. Mais ce père, à qui la pho­bie a sub­sti­tué le loup debout [17] exige désor­mais une ces­sion de jouis­sance qui était jusque-là sans limite. Or l’angoisse du regard des loups ainsi que l’angoisse de dévo­ra­tion qui le réveillent du rêve indiquent que ni l’objet sco­pique ni l’objet oral ne par­viennent à consti­tuer un bord à cette jouis­sance. Le sujet reste donc aux prises avec une jouis­sance illi­mi­tée qu’un Autre méchant, le loup debout, veut lui prendre en le dévo­rant. Autant dire qu’il se sent per­sé­cuté par l’objet de son rêve. C’est là le prix à payer pour faire exis­ter le rap­port sexuel. En effet, le rejet sym­bo­lique du père et de la cas­tra­tion relève ici d’une for­clu­sion, Verwerfung. Avec cette for­clu­sion, le choix du côté femme de la sexua­tion com­porte une jouis­sance illi­mi­tée. Elle se mani­fes­tera comme un « pousse-à-la-femme » lors des épi­sodes para­noïaques dans sa vie d’adulte[18]. Mais dès l’enfance, ce refou­le­ment for­clu­sif aura pour consé­quence que le nou­veau savoir acquis sur la dif­fé­rence sexuelle n’exercera plus aucune influence dans le pro­blème de la sexua­tion[19]. Si le rejet for­clu­sif implique que l’organe pénien n’est pas élevé à la dignité du signi­fiant phal­lique, il n’intervient plus dans la sexua­tion. Pourtant l’enfant n’en reste pas à une simple Verwerfung. Comme en attestent les deux autres symp­tômes infan­tiles, il va aussi défendre son inté­grité nar­cis­sique désor­mais mena­cée, ce qui l’amène à de nou­veaux arran­ge­ments dans le pro­blème de la sexuation.

Mais remar­quons encore que le rêve des loups n’a pas seule­ment pro­duit une pho­bie, il a aussi pro­duit, et en même temps, un qua­trième symp­tôme où se découvre un néo-fétiche[20]. Le rêve dis­tingue en effet deux sortes de loups selon qu’ils sont debout ou assis. L’opposition debout/assis qui recouvre la dif­fé­rence sexuelle homme/femme est pure­ment signi­fiante. Le néo-fétiche lui oppose une sorte de démenti. En effet, ce néo-fétiche ne concerne que les femmes, c’est-à-dire les loups assis. Le rêve pré­cise en effet qu’ils ont de grandes queues de renard ou de chiens de ber­ger. Ce détail atteste que les queues de renard des loups assis sont des com­pen­sa­tions de l’absence de queue[21]. Lors du rêve, l’enfant a pris connais­sance de la dif­fé­rence sexuelle homme/femme et il l’a reje­tée au sens de for­clu­sion. La dis­tinc­tion loup debout/ loups assis de la pho­bie n’empêche donc pas le sujet d’affirmer pour la seconde fois, et ce grâce au néo-fétiche, que tous les loups, y com­pris quand ils sont assis, ont une queue – de rem­pla­ce­ment le cas échéant.

Autrement dit, le sujet croit d’abord que tous les êtres vivants ont un pénis. Puis, avec la for­clu­sion du Nom-du-Père, il refuse de croire qu’il en existe qui ne l’ont pas. C’est pour­quoi l’organe pénien ne devient pas le signi­fiant phal­lus et de la sexua­tion. C’est seule­ment au titre de signi­fiant qu’il est pos­sible de le perdre bien qu’il n’existe pas et la pré­sence d’un fétiche indique qu’il est retrouvé[22]. Dans le cas de Sergei, il ne s’agit donc pas d’un fétiche mais bien d’un néo-fétiche puisque, d’une part, le phal­lus est for­clos et, que d’autre part, l’organe élevé à la dignité du signi­fiant de la sexua­tion n’est pas le pénis mais plu­tôt le « popo ». Le popo est ainsi le der­nier organe vu juste avant la décou­verte des organes géni­taux fémi­nins. Un arrêt sur image le péren­nise comme l’objet qui vient « démen­tir » l’horreur de la cas­tra­tion de la mère à laquelle le sujet est contraint de croire pen­dant le rêve des loups. De plus, c’est sur le popo qu’est implan­tée la queue de renard des loups du rêve assis sur l’arbre. Le sou­ve­nir de Groucha, la ser­vante, lavant le sol avec un balais de fagot de verges (Rutenbündel)  indique com­ment une femme à quatre pattes peut pos­sé­der une queue : la condi­tion en est qu’elle doit avoir la même occu­pa­tion que Groucha. Le popo se situe alors à côté de la verge du fagot. Le dépla­ce­ment de l’un à l’autre de ces objets pro­cède d’une méto­ny­mie et non pas d’une méta­phore comme c’est le cas pour le fétiche. Pourtant ce néo-fétiche a la même fonc­tion que le fétiche en ce qu’il devient une condi­tion de jouis­sance. Il se pro­duit ainsi une poussée-vers-la-femme, car c’est du côté femme que ce gar­çon trouve un objet dont il peut jouir[23]. En cela, le néo-fétiche fait fonc­tion d’objet a qui cause le désir d’un homme[24]. En effet, une fois devenu adulte, Serguei pourra jouir d’une femme à la condi­tion que, comme Groucha, son occu­pa­tion la munisse de verges en fagot.

Le nouage de la pho­bie et du néo-fétiche ont pro­duit des avan­cées dans le pro­blème de la sexua­tion qui s’impose à lui : d’abord au niveau d’un cer­tain savoir-faire l’homme, et ensuite au niveau des quan­teurs de la sexua­tion. Récapitulons : le fan­tasme trau­ma­tique de la scène pri­mi­tive fait exis­ter le rap­port sexuel homme/femme. L’implication du sujet le situe côté femme de la sexua­tion. Mais désor­mais, il peut aussi occu­per l’autre posi­tion de ce fan­tasme et faire l’homme. Ce savoir-faire est sou­mis à une condi­tion de posi­tion : dès l’enfance, son rap­port à la langue[25] montre qu’il a le plus grand mal à prendre posi­tion, à déci­der, et en l’occurrence, pour lui, à déci­der de faire l’homme. Plus tard, dans sa vie amou­reuse d’adulte, faire l’homme avec une femme ne sera pos­sible qu’à la condi­tion de se tenir debout der­rière elle et de la sur­mon­ter dans une posi­tion ana­logue à celle du père avec la mère dans le fan­tasme. Les déci­sions de la sexua­tion étant déjà prises, faire l’homme avec une femme ne pourra se faire qu’en acte. La vie amou­reuse de Serguei sera mar­quée de cette exi­gence qui se des­sine dès l’enfance[26].

Phobie et fétiche déplacent ainsi l’impasse du pro­blème de la sexua­tion pour ten­ter de le résoudre. Avant la pho­bie du loup, le sujet affirme, comme le petit Hans, que tous les êtres humains ont un fait-pipi. Mais cette affir­ma­tion uni­ver­selle se limite à l’être. Elle ne dit rien de son exis­tence de vivant et de sa jouis­sance illi­mi­tée[27]. Avec la pho­bie du loup, la cas­tra­tion est niée pour tous les humains et c’est désor­mais l’Autre jouis­seur qui existe, qui exige une ces­sion de jouis­sance. Le néo-fétiche ne peut pas trai­ter la jouis­sance, mais il construit une sup­pléance en forme de sexua­tion qui ne passe plus par l’organe pénien[28]. La cas­tra­tion est donc tou­jours niée, mais l’être sexué est défini à par­tir d’une seconde affir­ma­tion uni­ver­selle : pour tous les êtres vivants il y a un popo et il ne manque à aucun être humain[29]. Autrement dit, pho­bie et fétiche échouent à limi­ter la jouis­sance du sujet. La pho­bie ne per­met pas de construire un bord à la jouis­sance du regard ou à celle de l’objet oral et le popo érigé en néo-fétiche ne traite pas davan­tage le réel de la jouis­sance anale. Les choix du sujet dans le pro­blème de la sexua­tion font exis­ter le rap­port sexuel et le laissent aux prises avec une jouis­sance fémi­nine illi­mi­tée. C’est ce qui rend d’autant plus sur­pre­nant les deux der­niers symp­tômes de l’enfance qui font croire au choix d’une norme mâle de la sexua­tion pour ce sujet.

 

La norme mâle

Les deux der­niers symp­tômes apportent du nou­veau dans la logique des jouis­sances. Identifications et fan­tasme s’y com­plètent. Les symp­tômes obses­sion­nels font suite à la pho­bie du loup et mettent fin au chan­ge­ment de carac­tère. Avec l’identification ima­gi­naire au Christ, favo­ri­sée par le hasard de sa nais­sance un 25 décembre, Serguei repend les ques­tions posées par la sexua­tion et il apporte de nou­velles réponses. Notons d’abord que la pas­sion du Christ, qui se laisse mal­trai­ter et sacri­fier par le père, ouvre la voie à une subli­ma­tion de l’amour pour le père dans une piété exces­sive[30]. En tant que Christ, le sujet a le droit d’aimer le père qui devient Dieu le père.

Mais les rumi­na­tions et les blas­phèmes montrent aussi que ce nou­veau par­te­naire divin le veut femme. En effet, lors de ses rumi­na­tions, l’enfant de quatre ans et demi se demande « si le Christ avait un der­rière et s’il avait chié [31] », c’est-à-dire si Dieu peut uti­li­ser sexuel­le­ment son fils, le Christ. La com­pul­sion à pen­ser « Dieu-crotte » fait équi­va­loir Dieu au père et le second blas­phème « Dieu-cochon » indique que l’homme peut avoir un enfant. Jusque-là Serguei ne croyait pas que les enfants venaient des femmes. Il accepte de croire qu’elles peuvent aussi en avoir lorsqu’il entend dire que Marie est la mère de Dieu.

Ces symp­tômes obses­sion­nels montrent que le conflit incons­cient du sujet avec le père est devenu le même que celui du pré­sident Schreber[32]. Tout comme lui, Serguei est aux prises avec un Dieu qui exige sa trans­for­ma­tion en femme, et il per­siste dans le refus de la cas­tra­tion. Mais il est prêt à accep­ter d’être uti­lisé comme une femme à la condi­tion que ce deve­nir femme soit un deve­nir une mère. C’est ce que réa­lise l’« acte de faire » pour reprendre cet euphé­misme à la langue fon­da­men­tale de Schreber. L’objet anal devient alors un équi­valent de l’enfant, car tous deux sont des mor­ceaux déta­chables du corps. Chaque défé­ca­tion réa­lise le désir d’être la femme du père en deve­nant la mère de ses enfants.

Pourtant lorsque Sergei conclut ses rumi­na­tions sur le Christ par l’idée que le Dieu qu’il est peut s’épargner la défé­ca­tion, il indique aussi à quel point il abhorre cette solu­tion qui le contraint à une ces­sion de jouis­sance. Car alors, il devient « le châ­tré », à l’image du père malade qui lui a fait pitié. Et il refuse de lui res­sem­bler comme l’atteste la com­pul­sion à expi­rer for­te­ment à la vue des men­diants et des estro­piés. Serguei se demande aussi qui était le père du Christ, Dieu ou Joseph ? Il penche pour Joseph et peut alors se déta­cher du par­te­naire divin au pro­fit du père. En effet, le pre­mier exige sa trans­for­ma­tion en femme qui passe par une cas­tra­tion réelle. Il lui pré­fère le second qui se satis­fait de sa trans­for­ma­tion en mère. L’influence du per­cep­teur alle­mand qui déva­lo­rise la reli­gion le conforte dans ce nou­veau choix amoureux.

La série intes­ti­nale des symp­tômes réa­lise donc en acte ce deve­nir mère. Avec chaque éva­cua­tion intes­ti­nale, spon­ta­née ou contrainte par les lave­ments, Serguei devient en acte la mère des enfants du père. Inversement, la consti­pa­tion atteste qu’il refuse la ces­sion de jouis­sance anale et pour ainsi dire se prive du der­rière. Ce fai­sant, il pré­serve son inté­grité nar­cis­sique et fait plu­tôt valoir la sin­gu­la­rité de son iden­ti­fi­ca­tion au Christ pro­duite lors des symp­tômes obses­sion­nels. Elle est conforme à son idéal ima­gi­naire d’homme[33], qui, comme lui, s’épargne la défécation.

Ces deux der­niers symp­tômes prennent encore appui sur le fan­tasme de renais­sance qui est aussi une condi­tion de gué­ri­son. Freud pré­cise en effet que le fan­tasme de la scène pri­mi­tive trouve un point d’arrêt lors d’une éva­cua­tion de selle de l’enfant. Cette ces­sion de jouis­sance pointe une iden­ti­fi­ca­tion avec la mère malade des intes­tins. Comme elle, Serguei est en proie à une angoisse de mort et se plaint de « ne plus pou­voir vivre ainsi ». Mais la ces­sion de jouis­sance anale met fin au rap­port sexuel qu’il fai­sait jusque-là exis­ter dans le fan­tasme de la scène pri­mi­tive. C’est pour­quoi, le moment de la défé­ca­tion est le seul moment où cette plainte dis­pa­rait. La ces­sion de l’objet anal vaut comme extrac­tion momen­ta­née de l’objet a. Elle nor­ma­lise le rap­port du sujet à la réa­lité et il se sent de nou­veau vivant et hors de danger.

Les symp­tômes obses­sion­nels ont per­mis à l’enfant de prendre une nou­velle déci­sion dans le pro­blème de la sexua­tion. Serguei y prend parti pour le père contre Dieu, de la même façon qu’il avait décidé pour le « popo » contre l’absence du pénis[34]. Les symp­tômes intes­ti­naux consti­tuent en ce sens un évè­ne­ment de corps. La cor­po­ri­sa­tion du lan­gage fait sourdre la jouis­sance de l’organe éro­tisé, le der­rière, mais cette éro­ti­sa­tion le sous­trait à sa fonc­tion de défé­ca­tion. L’organe pré­sent et absent, du fait du va et vient des consti­pa­tions, est ainsi signi­fian­tisé, élevé à la dignité du signi­fiant, et le sujet s’en sert pour résoudre le pro­blème de la sexua­tion. Nous avons vu com­ment le néo-fétiche valait comme affir­ma­tion uni­ver­selle que tous les êtres humains ont un popo, mais la néga­tion uni­ver­selle de la cas­tra­tion connait désor­mais une excep­tion puisque les symp­tômes obses­sion­nels font désor­mais exis­ter un être d’exception qui en est privé, le Christ[35]. Avec l’évènement de corps intes­ti­nal, la pul­sion anale par­vient à construire un bord à la jouis­sance avec chaque « acte de faire ».

Ces deux der­niers symp­tômes réus­sissent le tour de force de rendre com­pa­tibles simul­ta­né­ment un deve­nir homme et une fémi­ni­sa­tion. Le choix de jouis­sance fémi­nine, modulé par l’événement de corps intes­ti­nal, semble situer le sujet du côté de la norme mâle des quan­teurs de la sexua­tion[36]. Celle-ci com­porte deux pro­po­si­tions : une uni­ver­selle affir­ma­tive (UA) et une par­ti­cu­lière néga­tive (PN), c’est-à-dire l’exception qui fait consis­ter tout l’ensemble. Seul le second quan­teur (PN) traite de l’existence, car il com­porte la sin­gu­la­rité du choix de jouis­sance de l’être par­lant. Pour qui se range côté homme, on peut écrire : pour tout élé­ment (x) de l’ensemble, la fonc­tion cas­tra­tion Φ fonc­tionne : (∀x Φx). Et il existe une excep­tion, le père du mythe freu­dien qui n’est pas sou­mis à la cas­tra­tion ( ∃ x non‑Φ x).

 Pour Serguei enfant, la pro­po­si­tion UA nie la cas­tra­tion pour tous les êtres humains : (∀x non Φ x). Cette affir­ma­tion, répé­tée deux fois, vaut quel que soit l’organe de la sexua­tion : le pénis ou le popo. Mais les der­niers symp­tômes font consis­ter une excep­tion : un homme comme le Christ qui consent à la « cas­tra­tion » du popo. Ce qui pour­rait s’écrire : il existe au moins un x pour qui la cas­tra­tion fonc­tionne soit : ∃ x Φ x. Mais l’universel et le par­ti­cu­lier ne suf­fisent pas dans la logique de la jouis­sance, il faut aussi le sin­gu­lier qui seul fait exis­ter la ces­sion de jouis­sance en acte[37]. C’est ce à quoi le sujet consent grâce à la récon­ci­lia­tion avec son choix d’être la femme du père en deve­nant la mère de ses enfants. La posi­tion d’exception du Christ équi­vaut ainsi à la fémi­ni­sa­tion. Ainsi, pour Serguei, c’est par excep­tion que la cas­tra­tion fonc­tionne. Elle ne concerne pas l’ensemble des hommes : bien plu­tôt, chez lui, la néga­tion se déplace du pre­mier au second quan­teur. Mais ses choix de jouis­sance arti­culent une UA et une PN comme pour le côté homme de la sexua­tion. Cela s’écrit : ∀x non Φ x et ∃ x Φ x. Si la norme mâle s’écrit ∀x Φ x et ∃ x non‑Φ x, cette logique des jouis­sances de Sergueï donne l’impression qu’il s’agit d’une norme mâle, alors qu’il n’y a pas de faille de la cas­tra­tion pour assu­rer la com­plé­tude de l’ensemble des hommes. C’est pour­quoi, la jouis­sance fémi­nine illi­mi­tée peut faire retour lors des déclen­che­ments de sa psy­chose que nous qua­li­fions de norme-mâle. C’est dire que la ver­sion toute de La femme, conforme au choix du néo-fétiche, n’est pas une père-version mais bien une for­clu­sion du Nom-du-père.

La série des symp­tômes de l’enfance sanc­tionne ainsi cha­cun des choix que fait Serguei dans son abord de la sexua­tion jusqu’à ses dix, onze ans : la posi­tion sexuée et le choix d’objet d’amour ainsi que les iden­ti­fi­ca­tions et les fan­tasmes. L’événement de corps limite la jouis­sance une jusque-là illi­mi­tée. Si Serguei vivait en 2021, com­ment déciderait-il de se situer dans le pro­blème de la sexua­tion : plu­tôt binaire ou gen­der fluid ? Déciderait-il qu’il appar­tient à ce qui est encore pour le moment une majo­rité hété­ro­sexuelle ou bien pencherait-il plu­tôt pour l’une des mino­ri­tés LGBTQIA+ ? Difficile de répondre à sa place. Mais son cas sin­gu­lier nous enseigne que l’écart entre le sexe bio­lo­gique et le sexe psy­chique n’est pas le fait d’une mino­rité. Le choix de l’être comme sexué se fait dès l’enfance, et c’est, pour cha­cun, l’enjeu de la sexua­tion. Ses consé­quences se renou­vellent tout au long de la vie même, comme les symp­tômes l’attestent, même si, le plus sou­vent, ils passent inaper­çus dans l’enfance et ne retiennent l’attention qu’à l’âge adulte.

 

[1] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile » (1918) in Gardiner M., L’Homme aux loups par ses psy­cha­na­lystes et par lui-même, Paris, Gallimard, 1977.

[2] Cet article fait suite au tra­vail pré­senté au Séminaire de DEA de J.-A. Miller le 10 décembre 1987 et auquel il a répondu lors des séances sui­vantes du Séminaire. Mon tra­vail, rédigé quelques mois plus tard, devait être publié dans Ornicar ? n°49, lorsque cette publi­ca­tion a cessé de paraitre. Une ver­sion ita­lienne a paru peu après dans la revue La Psicoanalisi n°6, Rome, 1989. La ver­sion fran­çaise a paru dans La Cause freu­dienne, Paris, Navarin/Seuil, n°43, 1999. La réponse de J.-A. Miller a d’abord paru en espa­gnol dans Clínica dife­ren­cial de les psi­co­sis, Instituto del campo Freudiano, 1988. La ver­sion fran­çaise – sans nos échanges – est désor­mais dis­po­nible en fran­çais dans La Cause freu­dienne, Paris, Navarin/Seuil, n° 72, novembre 2009.

[3] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., pp. 252–255.

[4] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 178. À l’âge adulte, chaque épi­sode per­sé­cu­tif com­mence par un brusque chan­ge­ment de carac­tère. Cf. Aflalo A., « Pousse-à-la femme, Poussée-vers-la-femme, Fuite-devant-la-femme », La Cause du désir, Paris, Navarin/Seuil, n°98, mars 2018, p. 31.

[5] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 191.

[6] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 221. L’esprit est à la fois, celui de la Trinité mais il est aussi la sœur. Elle est le mau­vais esprit dont il doit se défendre, car elle le pré­ci­pite dans le pêché. Ce symp­tôme indique que les dis­putes avec la sœur réac­tua­lisent sans cesse la scène de séduction.

[7] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 223. Voir aussi Mack Brunswick R., « Supplément à l’extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile de Freud » (1928), L’Homme aux loups par ses psy­cha­na­lystes et par lui-même, op. cit.

[8] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 229–30 et J.-A. Miller, La cause freu­dienne, n° 72, op. cit.

[9] Freud S., Inhibition, symp­tôme et angoisse, Paris, PUF, 1965, p. 53. Freud consi­dère désor­mais que l’angoisse de l’enfant est une angoisse de dévo­ra­tion et non plus de cas­tra­tion comme en 1918.

[10] Freud S., op. cit., p. 254.

[11] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 182.

[12] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 186.

[13] Freud S., op. cit., p. 256–186.

[14] Freud pense d’abord qu’il a vu cette rela­tion sexuelle à l’âge d’un an et demi. Mais en l’absence du retour du sou­ve­nir, il conclura à son sta­tut fantasme.

[15] Freud S., op. cit., p. 256–187.

[16] Il retrouve cette posi­tion lorsqu’il se fait admi­nis­trer des lave­ments par des hommes.

[17] Il n’y aurait pas eu de symp­tôme si l’enfant s’était plaint d’avoir peur du père au lieu du loup.

[18] En 1926, lorsque Freud l’adresse à Ruth Mack Brunswick. Puis, lors de la guerre froide. Cf. Obholzer K., Entretiens avec l’Homme aux loups, (1980), Paris, Gallimard, 1981.

[19] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 232.

[20]Freud S., « Le cli­vage du moi dans le pro­ces­sus de défense », (1938), Résultats, Idées, Problèmes II, Paris, PUF, 1985, p. 286.

[21] Freud S., « Extrait de l’histoire d’une névrose infan­tile », op. cit., p. 192.

[22]Miller J.-A., « L’orientation laca­nienne. Les divins détails », ensei­gne­ment pro­noncé dans le cadre du dépar­te­ment de psy­cha­na­lyse de l’université Paris 8, leçon du 8 mars 1989, inédit.

[23] Aflalo A., « Pousse-à-la femme…», La Cause du désir, n° 98, op. cit., p. 38.

[24] Le néo-fétiche se situe du côté femme (côté droit de la sexua­tion). Celui qui se range côté homme, (côté gauche de la sexua­tion) va l’y cher­cher : $->a. Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975, p. 73.

[25] Aflalo A., « Pousse-à-la femme… », La Cause du désir, n° 98, op. cit., p. 36.

[26] Aflalo A., ibid., p. 37.

[27] Elle n’a pas plus de consé­quence que les ques­tions posées sur l’être de la licorne. Gloser sur ses qua­li­tés ne dit rien de son exis­tence pro­blé­ma­tique. De même, le quan­teur uni­ver­sel se limite à l’être, à l’essence et il ne dit rien de l’existence de l’être par­lant concerné.

[28] Le choix du néo-fétiche dis­tingue cette psy­chose de la psy­chose de Schreber. Cf. Freud S., « l’Ich-spaltung », in Gardiner M., L’Homme aux loups par ses psy­cha­na­lystes et par lui-même, Paris, Gallimard, 1977.

[29] Freud S., op. cit., p. 242. Le sou­ve­nir de Groucha en atteste comme nous allons le voir.

[30] Freud S., Ibid., p. 261.

[31] Freud S., Ibid., p. 219.

[32] Freud S., Ibid., p. 236.

[33] La méga­lo­ma­nie reli­gieuse fait aussi écran à l’humiliation infli­gée par le père qui lui pré­fé­rait la sœur aînée.

[34] Freud S., op. cit., p. 232.

[35] Le nar­cis­sique fait écran au défaut de l’agalma et de la signi­fi­ca­tion phal­lique forclose.

[36] Du côté gauche du tableau de la sexua­tion, Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre XX, op. cit., p. 73.

[37] La logique d’Aristote fait l’impasse sur la sin­gu­la­rité. Dans Le Séminaire, livre XX, Lacan montre que seule la logique des ensembles dis­tingue le un comme élé­ment et comme classe.

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